Burundi: La CVR, un outil pour mobiliser la population de l’ethnie hutu derrière le CNDD-FDD par la reconnaissance forcée du génocide des Hutu en 1972 et occulter les crimes du régime . Rapport-Alerte

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La CVR est prévue par l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation signé le 28 Août 2000. Cet accord historique dont dépendait la stabilité et la cohésion sociale jusqu’à la veille du troisième mandat de Pierre Nkurunziza prévoyait également un mécanisme judiciaire pour enquêter, qualifier et juger les auteurs des crimes graves commis entre 1962 et 2008 et réhabiliter la justice.

Les mécanismes de justice transitionnelle se résumant par « le droit de savoir, le droit à la justice, le droit à la réparation et le droit à la non-répétition, préalables à une réconciliation durable » 1 ont été constamment utilisés par le régime du CNDD-FDD à des fins électoralistes.

A l’heure actuelle, le gouvernement du Burundi se montre fort engagé à renier la réconciliation car il a mis en place une CVR sous son contrôle. Il a également choisi d’abandonner le mécanisme judiciaire qui faisait pourtant partie des recommandations phares de la population contenues dans le rapport des consultations nationales sur la justice de transition.

Le processus de justice transitionnelle est torpillé par le discours divisionniste qui prévaut au sein du régime. En effet, la crise du troisième mandat illégal du Président Pierre Nkurunziza de 2015 a servi d’alibi à certains ténors du CNDD-FDD pour convaincre l’opinion que ce sont les Tutsi (qui ont dominé les anciens régimes) qui ne supportent pas le leadership d’un Hutu.

Cette tentative de manipulation a été déjouée par l’unité et la solidarité affirmée par les deux communautés ethniques, qui toutes se sont mobilisées pour lutter contre la violation de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation. Le peuple a également combattu la révision de la Constitution en 2018 autant qu’il s’est mobilisé pour élire un nouveau leadership capable de réconcilier le peuple.

La mascarade électorale de mai 2000 a permis l’installation des institutions dominées par des personnes connues pour leur responsabilité dans la répression, le négationnisme du génocide des Tutsi du Rwanda et la propagation du discours de la haine. En pareil contexte, la CVR au lieu d’accomplir sa mission de clarification des faits dans un esprit de réconciliation est transformée en un outil de falsification de l’histoire par la destruction des preuves des crimes du passé y compris ceux du CNDD-FDD. A y regarder de plus près, elle devient également un outil de cristallisation de la haine de l’ethnie hutu contre l’ethnie tutsi.

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