Compilation des rapports mensuels de 2017

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La documentation des crimes en cours au Burundi n’est pas une chose facile. Et pour cause, les défenseurs des droits humains qui se sont donné la mission d’exposer les crimes commis par le régime font face à bien des obstacles.

A part que les associations qui servent de cadre d’intervention ont été interdites de fonctionner sur le territoire burundais, les moniteurs des droits humains sont obligés de se cacher, tandis que leurs relais ont été contraints à l’exile. La question de moyens se pose avec acuité et la collaboration avec les autorités administratives, policières, judiciaires, militaires et politiques est également compliquée.

Cependant, certaines autorités, conscientes des enjeux qui entourent la crise burundaise, brisent le silence et révèlent des informations aux moniteurs qui les traitent et en rapportent, sous la supervision d’une équipe dynamique et expérimentée qui opère depuis l’étranger, en raison de la persécution dont ses membres ont fait l’objet.
Créé en 2002 au lendemain de la signature de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation, le FORSC a marqué les deux dernières décennies par un travail remarquable de défense des droits humains, des valeurs démocratiques, la bonne gouvernance et la lutte contre l’impunité. D’aucuns savent le rôle joué par cette organisation dans le plaidoyer pour la mise en place des mécanismes de justice transitionnelle, une mission qui a carrément échoué en raison de la volonté du régime à privatiser le processus à son profit. Lors que le parti CNDD-FDD cherche à changer la Constitution de 2005, le FORSC a vaillamment joué son rôle de veille et a mobilisé ses organisations sœurs, des burundais de tous les domaines de la vie nationale, la diaspora et la communauté internationale pour dire non à la destruction des piliers sur lesquels reposaient la stabilité du pays à savoir la constitution du Burundi et l’accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation.
Alors que ses comptes sont fermés, puis son personnel contraint à l’exil, des actes qui ont été suivis par la radiation illégale de la plateforme, le FORSC fait tout, en fin 2015, pour produire des rapports sur le discours de la haine, les dysfonctionnements de la CVR pour ne citer que celles-là. Au même moment, plusieurs actions ont été initiées pour demander l’organisation des négociations interburundaises afin d’aboutir à une solution pacifique et négociée de la crise.
Dès janvier 2017, le FORSC produit au moins un rapport mensuel et plusieurs rapports spécifiques. Ses rapports se rapportent principalement à la situation des droits sociaux et économiques ainsi que les questions de la gouvernance. Plusieurs rapports spécifiques portent également sur l’usage du discours de la haine par les autorités, ainsi que la situation des réfugiés burundais dans la région, celle des déplacés internes et des rapatriés.
Sans prétendre être exhaustifs, ces rapports mensuels révèlent les grandes tendances concernant la violation des droits sociaux et économiques qui est fortement liée aux violations des droits civils et politiques.
Force est de constater qu’au cours de l’année 2018, au lieu de diminuer, ces violations se sont aggravées et généralisées.

Paradoxalement, la détérioration de la situation socioéconomique et l’aggravation de la pauvreté a coïncidé avec une rhétorique tenue par les autorités consistant à dire que le Burundi est souverain. Ceci s’est d’ailleurs empiré avec les sanctions des partenaires du Burundi et la rupture de la coopération due à la violation massive des droits humains.
Cette compilation des rapports mensuels donne une vue d’ensemble sur la matière ci- haut citée et donne une information crédible et vérifiée sur la matière.
Le FORSC n’aurait pas pu réaliser ce travail sans l’intervention des dizaines voire des centaines des bénévoles, et son réseau de moniteurs des droits humains qu’il a formé depuis des années et qui s’est renforcé au cours de la crise, tel un acte de résistance à la tyrannie, la dictature et une façon de défier le régime qui n’a épargné aucun effort pour fermer la bouche des défenseurs des droits humains.
Une mention spéciale va à l’endroit de l’équipe de FORSC composée notamment de Messieurs Ernest Nkurunziza, Patrice Ntadohoka, Jérôme Kazabukeye et Emelyne Inamahoro qui travaillent sans relâche pour que la situation prévalant au Burundi soit largement connue.

                                                                          Maître Vital Nshimirimana Délégué Général 
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