Le référendum du 17 mai 2018 au Burundi : Voter pour sauver sa peau.

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En 2014, le régime de Pierre NKURUNZIZA avait échoué à faire réviser la Constitution faute de la majorité requise. Une seule voix avait manqué pour opérer ce changement. Malgré ce revers, le Président Pierre NKURUNZIZA n’a pas hésité à passer outre la constitution en briguant un troisième mandat de 5 ans qui a plongé le pays dans une grave crise sociale, économique et politique.

En effet depuis le mois d’avril 2015, le pouvoir et ses agents ont tué, torturé, violé, emprisonné et forcé des milliers de Burundais à l’exil. De façon persistante, le pouvoir a fait obstruction à toutes les voies de résolution pacifique de la crise, spécialement à travers des négociations inclusives entre tous les protagonistes.
Depuis le déclenchement de la crise, le pouvoir burundais se mure dans une autarcie progressive, développant une rhétorique où la souveraineté nationale est omniprésente et sans cesse invoquée pour rejeter toute initiative ou tout rapport émanant de l’extérieur. Nul n’est épargné y compris les Nations Unies.

Dans ce contexte, les populations sont fréquemment mobilisées et utilisées comme paravent pour manifester le refus de la nation par rapport à ces initiatives et ces rapports produits par les groupes ou les pays que le pouvoir qualifie d’ennemis. Pour quadriller le pays et imposer la terreur, la milice imbonerakure, para militarisée, est devenue l’instrument ultime de répression, galvanisée par des messages de haine et de division ethnocentristes.
Depuis 2016, en vue de torpiller les efforts de la Communauté de l’Afrique de l’Est, parrain du dialogue inter burundais, pour une solution négociée, le régime burundais a mis en place une commission de Dialogue Inter Burundais (CNDI) présidée par un évêque de l’église méthodiste Unie du Burundi, Mgr Justin Nzoyisaba. Se basant sur les conclusions de ce dialogue, dont le rapport n’a jamais été publié, le pouvoir a annoncé que la population souhaitait la modification de la Constitution afin de faire
sauter entre autres les verrous sur les limites des mandats présidentiels et d’autres dispositions émanant de l’Accord d’Arusha.
Suite à cela, par le décret n° 100/089 du 12 mai 2017, une commission chargée d’amender la Constitution a été mise en place. Plus tard, un texte non officiel a circulé sur les réseaux sociaux, comportant les amendements proposés à la constitution de 2005. Au final, ce texte jamais démenti sera différent de celui communiqué officiellement par la CENI sur son site web officiel.
Ce rapport répertorie et analyse les discours et les violations des droits humains au cours de la période du référendum constitutionnel. Naturellement ces deux aspects sont intrinsèquement liés. Plus exactement, ces violations semblent trouver leur légitimité dans un appel public au lynchage à l’égard des opposants à la révision de la Constitution, lancé par Pierre NKURUNZIZA. Ce discours a été prononcé à Bugendana en Province Gitega au centre du pays, en date du 12 décembre 2017.

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