Rapport de la première conférence-débat sur la problématique de la vérité sur
les atrocités commises en 1972

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L’enregistrement de la conférence est disponible sur youtube: 

I. Présentation de la conférence

A. Date de la conférence : 23 avril 2022
B. La conférence s’est déroulée en ligne sur Zoom
C. Organisateurs : Organisations de la société civile indépendance en
collaboration avec la diaspora burundaise canadienne et européenne
regroupée au sein de l’ABC-Canada et FODIB.
D. Les intervenants(panélistes) :

  1. David Gakunzi, Journaliste, Ecrivain et Panafricaniste
  2. Vital Nshimirimana, Délégué général de FORSC
  3. Professeur Evariste Ngayimpenda, Historien, Professeur d’Université
  4. Justine Nkurunziza, Victime, Activiste, Présidente de la COSOME
  5. Marie Chantal Gatore, Journaliste, Professeur, Ecrivain et Experte sur la
    justice de transition
    E. Modérateur : Kaze Frank, Journaliste
    II. Déroulement de la conférence
  1. Introduction
    La Conférence a été ouverte par la présentation des panélistes par le modérateur du jour M. Franck Kaze. Après la présentation des panélistes, le modérateur a posé quelques questions au Délégué général de FORSC pour mettre dans le bain les participants étant donné qu’il y a beaucoup débats autour des atrocités de 1972 après la présentation du Rapport d’étape de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR).
    Les questions posées sont en rapport avec l’objectif de la conférence, la neutralité des débats, l’absence de la partie gouvernementale ou de la CVR dans les débats.
    Concernant l’objectif de la première conférence, Vital Nshimirimana a fait savoir que l’objectif principal est d’amorcer un débat sur les atrocités que le pays a connues depuis son indépendance car les Burundais ont besoin de la vérité pour entamer la réconciliation. Il a rappelé que le FORSC a accompagné le processus de la mise en place des mécanismes de la justice transitionnelle qui étaient prévus par l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation.
    Il a déploré que depuis 2014, le gouvernement a écarté les autres acteurs dans la mise en place de la CVR ce qui a été aggravée par la nomination de Pierre Claver Ndayicariye à la tête de la commission en 2018.
    Concernant, l’équilibre et la neutralité des débats, Vital Nshimirimana a fait savoir que les panélistes sont des personnes connues pour avoir travaillé sur le sujet et proviennent de tous les milieux et les composantes ethniques du pays et a rassuré les participants que les débats seront bien équilibrés.
    Pour ce qui est de l’absence du Président de la CVR, Vital Nshimirimana a informé les participants que le Président de la CVR a été invité depuis la préparation de la conférence et n’a pas voulu répondre aux messages lui envoyé via WhatsApp. Selon Vital Nshimirimana, le Président de la commission s’est contenté de lui envoyer 18 rapports produits par cette dernière.
    Le modérateur lui a demandé les relations qui existent entre la conférence et le mémorandum rendu public le 10 février 2022 à la veille de la publication du rapport d’étape de la CVR présenté à l’Assemblée nationale 20 décembre 2021.
    Mr Vital Nshimirimana a résumé le contenu du Mémorandum dont les principaux points sont les suivants :
    a) La composition de la CVR : cette commission est dominée par des personnes inféodées au CNDD-FDD. La présidence a été confiée à une personne qui a joué un rôle clé dans l’organisation des scrutins de 2010 et 2015 qui ont été contestés par l’opposition et critiqués par la société civile, les confessions religieuses et les observateurs indépendants
    b) La méthodologie utilisée : La CVR s’est focalisée sur les excavations des restes humains. Elle a, à chaque fois, déclaré que les restes humains étaient ceux des Hutus tués en 1972. Cette commission a refusé toute demande d’identification des victimes basée sur l’expertise médico-légale.
    c) L’absence de l’expertise internationale : Comme le génocide est un crime qui porte atteinte à l’humanité toute entière, il est d’usage que les Nations Unies et la communauté internationale appuient un tel chantier de recherche de la vérité par le déploiement d’experts internationaux qui ont travaillé sur des cas similaires.
    d) La qualification des crimes par une institution qui n’est pas habilitée. La qualification du génocide est faite par un mécanisme judiciaire. Jusqu’à présent, le Burundi a écarté ce mécanisme.
    e) La qualification du génocide requiert un élément légal, matériel et intentionnel.
    En ce qui concerne l’élément matériel, la CVR elle-même a déclaré qu’elle continuait la recherche des restes, des preuves (notamment des archives) ainsi que l’identification des victimes et des bourreaux. Or pour qualifier un crime, il faut que l’élément matériel existe de manière exhaustive et soit sans
    équivoque.
    f) Le projet d’adoption d’une loi incriminant le négationnisme du génocide des Hutus est une menace visant toute personne qui tenterait d’exiger un débat sur la vérité.
    g) Concernant ce dernier point, Vital Nshimirimana s’est demandé pourquoi les autorités burundaises se précipiteraient à voter une loi contre le négationnisme du génocide qui n’est pas encore reconnu.
    Après cette introduction, le modérateur a donné les consignes et la méthodologie qui sera utilisée pour le bon déroulement de la conférence.
    La conférence s’est déroulée en deux étapes : la présentation des panélistes et les questions ou commentaires des participants
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