La mort du Président burundais Pierre Nkurunziza : une fin tragique d’un dictateur suicidaire

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La mort inopinée du Président  burundais Pierre Nkurunziza est  une fin tragique d’un dictateur terrible qui emporte avec lui des milliers de burundais tués surtout sous son troisième  mandat cruel et par la pandémie du COVID-19.

Le monde et les Burundais en particulier se souviendront d’un dirigeant qui avait érigé les violences et crimes politiques en un mode de gouvernance. Au début  de son premier mandat de 2005, Pierre Nkurunziza avait manifesté à qui voulait le voir et le comprendre, la nature répressive de son régime. Cette dernière s’est manifesté lorsque des dizaines de membres du mouvement PALIPEHUTU FNL avaient été lâchement exécutés en province Muyinga, leurs corps jetés dans la rivière Ruvubu. Après ce crime odieux, le chef de l’Etat avait fait preuve de complicité notoire en surprotégeant le Colonel Vital Bangirinama qui dirigeait la quatrième région militaire et qui avait supervisé les exécutions extrajudiciaires. De même, le Président Nkurunziza protégea les membres du service national de renseignement et de la police impliqués dans l’assassinat d’Ernest Manirumva. Au cours de son deuxième mandat obtenu dans la violence électorale de 2010, des opérations  de crimes planifiées avaient également emporté des milliers de burundais dans le tristement célèbre plan SAFISHA.

Des étrangers ne furent pas épargnés non plus : le monde fut ahuri quand il apprit l’assassinat des soeurs italiennes exécutées par le régime pour cacher un plan d’entrainement des miliciens Imbonerakure à Kiliba Ondes en République démocratique du Congo RDC.
Pour se maintenir au pouvoir, Pierre Nkurunziza s’était imposé comme candidat aux élections de 2015 alors que la Constitution et les Accords d’Arusha pour la paix et la réconciliation le lui interdisaient. Des milliers de personnes dont des manifestants pacifiques contre cette candidature ont été tués ou portés disparus. Des centaines de femmes furent violées. Des associations de défense des droits de l’homme et des médias indépendants furent également visés par la politique répressive de Pierre Nkurunziza. L’armée fut pratiquement démantelé à la faveur de l’institutionalisation d’une milice du parti CNDD-FDD. Des dizaines des milliers de burundais furent arrêtés et jetés dans les geôles, à tel enseigne que les effectifs des détenus dans les prisons du Burundi n’avaient jamais été atteints dans l’histoire du Burundi. Les crimes contre l’humanité commis par le régime burundais sous la présidence de Pierre Nkurunziza font objet d’une enquête de la Cour pénale internationale.
En raison des crimes en cours, de son impopularité et du repli du gouvernement qui s’est enfermé au reste du monde, il ne restait à Pierre Nkurunziza que de mettre un terme à l’accord d’Arusha. Il lui fallut également tirer sur la corde ethnique et raviver les tensions ethniques suite aux travaux de la fameuse commission de vérité réconciliation qui passe déjà plus d’un semestre à déterrer des ossements avec pour objectif ultime la reconnaissance du génocide commis contre les Hutu. Heureusement que le peuple burundais a compris le jeu du dictateur et s’est refusé d’adhérer à son plan. Les burundais étaient restés soudés pour combattre farouchement son pouvoir criminel. La forte mobilisation pour voter pour le changement lors du triple scrutin du 20 mai 2020 démontre à suffisance la capacité de résilience du peuple burundais.
A la fin de son troisième mandat suicidaire, le pays sombrait irréversiblement dans la déchéance socio-économique sur fond des mesures graves qui facilitaient le dictateur Pierre Nkurunziza et les siens de centraliser la gestion  des principales ressources de l’Etat dont principalement les minerais, les devises, le café, le sucre, le ciment et les Brasseries. Ces mesures avaient eu des conséquences graves sur la sécurité, les libertés individuelles et les économies des ménages. Des hommes d’affaires ont été exécutés dont le dernier en date est le cambiste largement connu sous le sobriquet de Kirahwata qui n’avait pourtant  ménagé aucun effort pour financer le parti politique de Pierre Nkurunziza, auquel la victime  appartenait dailleurs.
Pierre Nkurunziza laisse ainsi un pays dévasté par la pauvreté, les crimes politiques et économiques, les violences policières et des jeunes miliciens Imbonerakure qui collaborent avec les génocidaires rwandais Interahamwe que Pierre Nkurunziza avait chéris jusquà les incorporer dans sa garde, dans ses services secrets et dans les institutions de sécurité dont l’armée et la police. Dans ses planifications politiques, il n’entendait pas quitter le pouvoir même s’il ne s’était pas représenté comme candidat aux élections du 20 mai 2020. Son titre autoproclamé de « Guide suprême du patriotisme » et son plan  de faire du Burundi un système monarchique cachaient mal ses intentions de se transformer en « un roi du Burundi ».  Son dernier crime commis contre le Burundi et le monde est son déni suicidaire du Coronavirus qui endeuille le monde entier et qui serait également la cause de sa mort. Le déni sur l’existence de la pandémie dans le pays, les multiples rassemblements politiques et religieuses ont délibérément exposé tout un peuple à la contagion à grande échelle au point que le Burundi risque de devenir l’épicentre de l’épidémie dans la région d’Afrique de l’Est.

Le départ de Pierre Nkurunziza devrait servir de leçon aux futurs dirigeants du Burundi. A court termes, les autorités burundaises et le peuple burundais devraient conjuguer leurs efforts pour arrêter la violence, arrêter la propagation de la pandémie du COVID19 et s’atteler à la reconstruction du pays.
Concernant le COVID19, le gouvernement du Burundi devrait prendre des mesures à sa portée notamment le port obligatoire du masque facial, la fermeture provisoire des lieux de rassemblements( églises, mosquées, stades de sports, boîtes de nuit), l’interdiction provisoires des fêtes( mariages, levées de deuil, dots…), l’adoption progressive et continue des gestes barrières, ….Les syndicats et organisations professionnelles des médecins et infirmiers doivent exiger la protection du personnel médical car c’est en se protégeant qu’ils pourront sauver les autres. Des tests massifs doivent être organisés. Pour des activités qui demandent des moyens dont le Burundi ne dispose pas, les autorités doivent demander l’aide internationale urgente.

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