Burundi : Quand un pouvoir accusé de crimes juge un Défenseur de Droits de l’Homme qui l’a dénoncé.

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Le dossier du défenseur des droits de l’homme burundais Germain Rukuki en appel devant la Cour Suprême est mis en délibéré au cours de laudience publique qui a eu lieu ce 24 avril 2020 en l’absence de l’accusé.

La défense avait interjeté l’appel devant la chambre de cassation de la Cour Suprême contre la décision de la Cour d’Appel de Bujumbura qui avait confirmé la peine de 32 ans de prison ferme décidée par le Tribunal de Grande Instance de Ntahangwa. Le verdict est attendu dans 60 jours à compter à partir de ce jour de l’audience publique.
La victime est en détention depuis le 15 juillet 2017 après son arrestation à son domicile au quartier 6 en zone urbaine de Ngagara, commune Ntahangwa, Mairie de Bujumbura. Les charges retenues par le Ministère Public ont changé d’une instance à l’autre pour tenter de justifier son arrestation mais en réalité les juges n’avaient pas pu démontrer la culpabilité et le crime commis par l’accusé. Le seul argument avancé étant le fait davoir retrouvé des documents de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture ACAT-Burundi dans les dossiers de travail. Le régime de Pierre Nkurunziza accuse cette organisation de la société civile burundaise de publier des rapports sur les violations des droits humains au Burundi et d’avoir eu une part importante dans les manifestations pacifiques contre le troisième mandat illégal de 2015 (qu’il qualifie d’insurrection).
Le défenseur des droits de l’homme qui travaillait pour cette organisation en tant que chargé des finances a été ainsi condamné pour atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, tentative de renversement des institutions démocratiquement élus et destruction des édifices publics et privés.
Signalons que le détenu est privé de tous ses droits: pas d’accès aux soins médicaux et se trouve dans une cellule de 200 détenus.
Il est inadmissible qu’un défenseur de droits humains soit traité de la sorte et condamné à une si lourde peine juste pour avoir travaillé pour une organisation de défense des droits de l’homme impliquée dans la lutte pour le respect de la constitution et l’accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation. Que justice lui soit rendue.
Précisons que des milliers d’innocents croupissent dans les geôles du Burundi, victimes de la tyrannie du régime du troisième mandat criminel du Président Pierre Nkurunziza.

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