Les réfugiés congolais de Rugombo opposés à leur transfert vers Giharo

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Près de 40 000 réfugiés congolais installés sur le site de Rugombo, dans la province de Cibitoke, s’opposent fermement à leur transfert vers le site de Musenyi, situé dans la commune de Giharo, province de Rutana. Selon eux, les conditions de vie sur ce nouveau site sont inacceptables : manque d’infrastructures sanitaires, mauvaises conditions d’hygiène et grave insuffisance de vivres. Cette situation place le HCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés) et les autorités burundaises face à un dilemme à la fois humanitaire et sécuritaire.
Depuis le 21 mars 2025, la tension est montée d’un cran au sein du site de Rugombo. Ces réfugiés, principalement des familles ayant fui les violences persistantes dans le Nord et le Sud-Kivu (République démocratique du Congo), dénoncent un transfert qui ne ferait qu’aggraver leur souffrance. « Nous avons fui la guerre, mais nous ne voulons pas être envoyés dans un endroit où nos conditions de vie seront encore plus difficiles », confie un réfugié sous couvert d’anonymat.
Le HCR, représenté par son point focal à Cibitoke, Félix Ndama, affirme toutefois la nécessité de ce transfert. « Il est essentiel de garantir la sécurité de ces réfugiés dans un cadre structuré », explique-t-il. Il rappelle que le site de Musenyi a été aménagé en collaboration avec le gouvernement burundais afin de répondre au flux croissant de réfugiés congolais. Cependant, l’agence assure que ce processus reste volontaire et qu’aucun réfugié ne sera contraint de quitter Rugombo.
Outre leurs craintes concernant le site de Musenyi, de nombreux réfugiés signalent une grave pénurie de vivres. Certains, vivant dans des maisons louées autour de Rugombo, redoutent d’être expulsés faute de pouvoir payer leur loyer. Cette précarité exacerbe les tensions déjà palpables.
Le gouverneur de la province de Cibitoke, Carême Bizoza, adopte une position stricte. Il a annoncé que les réfugiés refusant de rejoindre le site de Musenyi pourraient être renvoyés en République démocratique du Congo. Une déclaration qui, selon certains observateurs, risque de compliquer davantage une crise humanitaire déjà critique.

Depuis le vendredi 21 mars 2025, toutes les activités sur le site de Rugombo sont suspendues, à l’exception d’une clinique mobile qui continue de traiter les cas urgents.