SANTE_BURUNGA : Le détournement présumé d’aliments thérapeutiques inquiète et la malnutrition infantile persiste
Des responsables de certains centres de santé de la province de Burunga sont accusés de détourner et de revendre des aliments thérapeutiques destinés aux enfants malnutris. Selon des sources du secteur de la santé, certains produits sont écoulés dans des boutiques et consommés par des enfants qui ne souffrent pas de malnutrition. Ces révélations interviennent alors que les besoins nutritionnels restent importants et que des cas de diabète chez des enfants sont également signalés ces derniers temps, suscitant de nouvelles inquiétudes sanitaires.
Des produits destinés aux enfants malnutris se retrouveraient dans les boutiques
Dans plusieurs districts sanitaires de Burunga, des sources du secteur de la santé dénoncent un détournement présumé d’aliments thérapeutiques destinés aux enfants souffrant de malnutrition.
Selon ces sources, certains responsables sanitaires récupèrent des produits nutritionnels, notamment ceux riches en énergie et en protéines, sans qu’ils soient toujours distribués aux enfants figurant sur les listes de prise en charge. Une partie de ces produits serait ensuite revendue dans des boutiques et achetée par des familles pour leurs enfants en bonne santé.
Les mêmes sources évoquent également des manipulations présumées des chiffres de malnutrition. Le nombre d’enfants déclarés malnutris sont, dans certains cas, gonflés afin d’obtenir des quantités plus importantes de produits thérapeutiques, dont la valeur de certaines commandes atteindrait plusieurs millions de francs burundais.
Un système qui pénaliserait les véritables bénéficiaires
Ce phénomène aurait des conséquences directes sur les enfants réellement malnutris. Les quantités disponibles pour leur prise en charge pourraient être insuffisantes, tandis que les stocks seraient utilisés en dehors du circuit prévu.
Les sources dénoncent également un problème de contrôle. Elles affirment que ces pratiques auraient persisté pendant plusieurs années malgré l’existence, au niveau des districts sanitaires, de mécanismes chargés du suivi de la malnutrition.
Elles évoquent par ailleurs des soupçons similaires concernant certains médicaments destinés aux patients.
Des inquiétudes sanitaires chez les enfants
Les aliments thérapeutiques sont conçus pour répondre aux besoins nutritionnels spécifiques des enfants malnutris et leur utilisation est normalement encadrée dans le cadre de leur prise en charge.
Leur consommation par des enfants qui n’en ont pas l’indication médicale soulève donc des préoccupations parmi les professionnels du secteur. Ces inquiétudes interviennent dans un contexte où des cas de diabète chez des enfants sont signalés ces derniers temps à Burunga.
Toutefois, aucune enquête est exigée pour permettre d’établir un lien direct entre la consommation de ces aliments thérapeutiques détournés et l’apparition du diabète chez les enfants.
Des responsables auraient quitté leurs fonctions ou le pays
Selon les sources interrogées, certains responsables soupçonnés d’être impliqués dans ces pratiques auraient déjà perdu leur emploi. D’autres auraient quitté le pays, notamment vers le Mozambique ou les Émirats arabes unis, par crainte d’éventuelles poursuites.
Jusqu’à présent, Aucune décision officielle permettant d’établir la responsabilité individuelle des personnes citées n’a été fournie par les autorités sanitaires.
Une enquête est réclamée
Face à ces accusations, une enquête administrative, voire judiciaire, permettrait de vérifier les quantités commandées, réceptionnées et distribuées, de comparer les listes d’enfants pris en charge avec la réalité du terrain et de retracer la destination des stocks.
Selon certains responsables sanitaires, elle permettrait également de déterminer si des chiffres de malnutrition ont été volontairement gonflés et d’établir l’ampleur d’un éventuel détournement.
L’enjeu dépasse la seule gestion des stocks. Dans une province où la malnutrition infantile demeure préoccupante, chaque produit thérapeutique détourné est susceptible de priver un enfant vulnérable d’une prise en charge dont il a besoin. La transparence dans la gestion de ces ressources apparaît ainsi essentielle pour protéger les enfants et préserver l’efficacité des programmes de lutte contre la malnutrition.




