À l’attention des Représentants permanents des États Membres et Observateurs du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies (Genève, Suisse)
Le 24 août 2026
Burundi : Le Conseil des droits de l’homme devrait à nouveau prolonger le mandat du Rapporteur spécial
Madame, Monsieur le Représentant permanent, Alors que des violations des droits humains continuent d’être commises au Burundi dans un contex-te d’impunité généralisée et que le pays se trouve en plein cycle électoral qui culminera avec l’élec-tion présidentielle de 2027 et risque de fermer les voies restantes pour l’expression pacifique de la dissidence, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies devrait maintenir sa surveillance de la situation dans le pays. À l’approche de la 63ème session du Conseil (7 septembre au 7 octobre 2026), nous, les organisations de la société civile soussignées, vous écrivons pour souligner l’importance du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Burundi et exhorter votre délégation à soutenir une nou-velle prolongation de son mandat. Dans sa résolution 60/151, adoptée en octobre 2025, le Conseil a condamné de nombreuses violations des droits humains commises au Burundi, notamment les exécutions extrajudiciaires, les disparitions forcées, les arrestations et détentions arbitraires, les actes de torture et autres peines ou traitements cruels, inhu-mains ou dégradants, les violences sexuelles et fondées sur le genre, ainsi que « l’impunité généralisée ». Il a également déploré le « rétrécissement du champ d’action de la société civile, des citoyens militants, des médias indépendants [et] des conditions favorables à la participation politique ». Outre celles mentionnées dans les résolutions du Conseil2, elles comprennent des conditions de détention inhumaines, y compris celles résultant de la surpopulation carcérale et de mauvais traitements infligés aux détenus3, de détentions prolongées dues à un mépris total des garanties fondamentales d’une procé-dure régulière (des prisonniers politiques étant maintenus en détention malgré leur acquittement ou après avoir purgé l’intégralité de leur peine4), de violations des droits des réfugiés rapatriés, ainsi que de vio-lations des droits économiques, sociaux et culturels. Dans sa résolution 60/15, le Conseil a également rappelé que « ses États membres doivent observer les normes les plus strictes en matière de promotion et de protection des droits de l’homme et coopérer pleinement avec lui et avec ses mécanismes ». Cela faisait écho aux préoccupations de la société civile face au refus du Gouvernement burundais de coopérer de manière constructive avec les mécanismes du Conseil, y compris le Rapporteur spécial, en violation de ses obligations en tant que Membre5. Le résultat du vote sur la résolution (23 votes pour, neuf contre (dont celle du Burundi) et 15 abstentions) a démontré un large soutien transrégional à la poursuite du suivi de la situation des droits humains dans le pays. Un an plus tard, la situation des droits humains au Burundi reste sombre. Ces derniers mois, des cas de disparitions forcées à la suite d’enlèvements perpétrés par des acteurs étatiques et para-étatiques, notam-ment des membres des forces de l’ordre et de sécurité, dont la police et le Service national de renseigne-ment (SNR), ainsi que des membres de la ligue de jeunes du parti au pouvoir, le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), connu sous le nom d’Imbo-nerakure, ont été recensés. L’utilisation de véhicules non identifiés, l’absence d’informations sur les lieux de détention et les menaces proférées à l’encontre des familles des victimes reflètent la volonté des auto-rités burundaises d’instaurer un climat de peur et de se soustraire à toute responsabilité. Suite à la disparition, le 25 février 2026, de Chadia Mukaremera, employée de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH), des cadres de l’institution ont demandé que sa Secrétaire-générale, Chantal Bakamiriza, ne soit pas autorisée à quitter le Burundi. Ils ont invoqué les nombreuses questions restées sans réponse concernant la disparition de leur collègue6.
Le 24 août 2026
Burundi : Le Conseil des droits de l’homme devrait à nouveau prolonger le mandat du Rapporteur spécial
Madame, Monsieur le Représentant permanent, Alors que des violations des droits humains continuent d’être commises au Burundi dans un contex-te d’impunité généralisée et que le pays se trouve en plein cycle électoral qui culminera avec l’élec-tion présidentielle de 2027 et risque de fermer les voies restantes pour l’expression pacifique de la dissidence, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies devrait maintenir sa surveillance de la situation dans le pays. À l’approche de la 63ème session du Conseil (7 septembre au 7 octobre 2026), nous, les organisations de la société civile soussignées, vous écrivons pour souligner l’importance du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Burundi et exhorter votre délégation à soutenir une nou-velle prolongation de son mandat. Dans sa résolution 60/151, adoptée en octobre 2025, le Conseil a condamné de nombreuses violations des droits humains commises au Burundi, notamment les exécutions extrajudiciaires, les disparitions forcées, les arrestations et détentions arbitraires, les actes de torture et autres peines ou traitements cruels, inhu-mains ou dégradants, les violences sexuelles et fondées sur le genre, ainsi que « l’impunité généralisée ». Il a également déploré le « rétrécissement du champ d’action de la société civile, des citoyens militants, des médias indépendants [et] des conditions favorables à la participation politique ». Outre celles mentionnées dans les résolutions du Conseil2, elles comprennent des conditions de détention inhumaines, y compris celles résultant de la surpopulation carcérale et de mauvais traitements infligés aux détenus3, de détentions prolongées dues à un mépris total des garanties fondamentales d’une procé-dure régulière (des prisonniers politiques étant maintenus en détention malgré leur acquittement ou après avoir purgé l’intégralité de leur peine4), de violations des droits des réfugiés rapatriés, ainsi que de vio-lations des droits économiques, sociaux et culturels. Dans sa résolution 60/15, le Conseil a également rappelé que « ses États membres doivent observer les normes les plus strictes en matière de promotion et de protection des droits de l’homme et coopérer pleinement avec lui et avec ses mécanismes ». Cela faisait écho aux préoccupations de la société civile face au refus du Gouvernement burundais de coopérer de manière constructive avec les mécanismes du Conseil, y compris le Rapporteur spécial, en violation de ses obligations en tant que Membre5. Le résultat du vote sur la résolution (23 votes pour, neuf contre (dont celle du Burundi) et 15 abstentions) a démontré un large soutien transrégional à la poursuite du suivi de la situation des droits humains dans le pays. Un an plus tard, la situation des droits humains au Burundi reste sombre. Ces derniers mois, des cas de disparitions forcées à la suite d’enlèvements perpétrés par des acteurs étatiques et para-étatiques, notam-ment des membres des forces de l’ordre et de sécurité, dont la police et le Service national de renseigne-ment (SNR), ainsi que des membres de la ligue de jeunes du parti au pouvoir, le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), connu sous le nom d’Imbo-nerakure, ont été recensés. L’utilisation de véhicules non identifiés, l’absence d’informations sur les lieux de détention et les menaces proférées à l’encontre des familles des victimes reflètent la volonté des auto-rités burundaises d’instaurer un climat de peur et de se soustraire à toute responsabilité. Suite à la disparition, le 25 février 2026, de Chadia Mukaremera, employée de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH), des cadres de l’institution ont demandé que sa Secrétaire-générale, Chantal Bakamiriza, ne soit pas autorisée à quitter le Burundi. Ils ont invoqué les nombreuses questions restées sans réponse concernant la disparition de leur collègue6.
Télecharger HRC63 – Civil society letter on BURUNDI (French) ici






