À Makamba, dans la province de Burunga, une vive inquiétude secoue parents et élèves de l’École Technique Moyenne Agricole (ETMA), située au chef-lieu de la commune Makamba. Les élèves de cet établissement, sous convention de l’Église Libre Méthodiste, dénoncent des pratiques qu’ils jugent graves et inédites : être retirés des cours, parfois au cœur de la nuit, pour être conduits dans des activités politiques du parti présidentiel, CNDD-FDD.
Selon des témoignages recueillis auprès des élèves, ces mobilisations ne sont pas nouvelles. Ils affirment être régulièrement emmenés dans des activités du parti, aussi bien à Makamba que dans d’autres provinces, et même en Tanzanie, pour participer à des défilés communément appelés majorettes. Mais les faits survenus dans la nuit de vendredi à samedi(23 au 24.1.2026) marquent, selon eux, un tournant inquiétant.
Aux environs de 2heures, un enseignant de l’ETMA, Dieudonné Irakoze, se serait présenté à l’internat pour récupérer des élèves et les conduire à des activités politiques prévues à Gitega. Une démarche qui aurait immédiatement suscité la réticence du directeur de l’établissement, Isaac Maniriho, rappelant qu’il est interdit de faire sortir des élèves de l’internat à une telle heure.
Interrogé sur cette décision, l’enseignant aurait affirmé agir sur instruction du secrétaire général national du CNDD-FDD, Révérien Ndikuriyo. Le directeur aurait alors exigé une confirmation directe de cette autorité, faute de quoi il refuserait de laisser partir les élèves.
Selon les mêmes sources, l’enseignant serait ensuite revenu accompagné de Léonard Ndamiye, un agent du commissariat de police de la commune Makamba, connu comme actif dans la mobilisation de la jeunesse du parti au pouvoir. Ce dernier aurait sommé le directeur de ne pas « bloquer les activités de l’État ». Sous pression, le directeur aurait fini par céder, sans exiger une lettre écrite engageant la responsabilité des organisateurs.
Les élèves auraient alors été embarqués dans des véhicules de nuit, en direction de Gitega, pour participer aux activités du CNDD-FDD.
Si certains élèves reconnaissent que ces déplacements existent depuis longtemps, parents et élèves dénoncent unanimement le caractère nocturne et forcé de cette mobilisation. Beaucoup s’indignent que des enfants soient retirés de l’école à l’insu de leurs familles, alors qu’ils étaient supposés être en sécurité à l’internat.
Les inquiétudes sont encore plus fortes concernant les élèves filles, souvent majoritaires dans ces déplacements nocturnes, sans encadrement féminin adulte. Parents et élèves s’interrogent : en cas d’abus, d’accident, de harcellement ou de grossesse, qui en porterait la responsabilité ?
À Makamba et par toute âme soucieuse de l’avenir des enfants du pays, cette affaire pose de sérieuses questions sur la protection des élèves, le respect du cadre scolaire, surtout dans une école sous convention religieuse, et la place des activités politiques dans les établissements d’enseignement.
Plus d’un se pose une seule et simple question: *Entre l’éducation et la politique, quelle priorité pour l’avenir du pays?* Une chose est sûre, les faits sont très éloquent pour conclure que le leadership actuel du Burundi ne se soucie pas de l’avenir du pays, encore moins de la jeunesse. Les parents doivent se lever comme un seul homme pour dire non à cette manipulation politicienne de leurs enfants.





