Les réfugiés Burundais se trouvant dans les différents camps en Tanzanie continuent de subir des pressions et des menaces d’expulsion vers le pays qu’ils ont fui ces dernières années.

Partager

Depuis le début de la répression sanglante déclenchée par le Président Pierre Nkurunziza qui a anticonstitutionnellement brigué et obtenu un troisième mandat à la tête du Burundi, des vagues de réfugiés ont fui le pays vers les pays de la région des grands lacs. La Tanzanie en a accueilli un plus grand nombre.

Depuis la visite du Président Pierre Nkurunziza  en Tanzanie dans le district de Ngara il ya un peu plus d’une année, les réfugiés burundais subissent des pressions et des harcèlements visant à  les rapatrier de force ou même les refouler. A voir les crimes qui se commettent dans ces différents camps de réfugiés, il y a lieu de se demander si le gouvernement tanzanien n’a pas donné libre cour aux agents du Service National de Renseignement burundais et aux «Imbonerakure » qui ne cessent d’y semer la terreur et la désolation.

Des réfugies sont assassinés dans les camps sans que des enquêtes soient faites pour punir les coupables, d’autres sont injustement arrêtés, malmenés et même détenus par l’administration tanzanienne. Les réfugiés ne cessent de crier au secours quand des armes sont trouvées dans les camps ou quand ils suspectent des gens venus du Burundi qui les infiltrent, mais le gouvernement tanzanien ne fait rien pour protéger et sécuriser ces réfugiés.

Comme si cela ne suffisait pas, l’administration de certains camps comme celui de Mtendeli a interdit aux réfugiés toute activité pouvant les aider à améliorer leur quotidien.   Il leur a été clairement notifié, dans un communiqué, que tout commerce de gros leur était interdit, allant de l’exploitation des buvettes jusqu’aux motos en passant par les salles de musique et de projection des vidéos. La Tanzanie menace même de fermer les petits marchés de négoce se trouvant à l’intérieur des camps pour rendre difficile, voire impossible, la vie de ces réfugiés et ainsi les contraindre à retourner malgré eux dans la gueule du loup. Cette situation que vivent actuellement les réfugiés burundais dans les camps de la Tanzanie ne montre rien d’autre qu’un marchandage qui serait en train d’être fait entre le Burundi et la Tanzanie, le Burundi qui peine à rétablir les conditions politico-économico-sécuritaires pour voir ses réfugiés rentrer, et même attirer les investisseurs étrangers.

Il est en outre inconcevable que des représentants du gouvernement tanzanien qualifient injustement les réfugiés burundais de «menace à la sécurité et à l’économie tanzaniennes”

Plutôt que de s’attaquer aux réfugiés burundais considérés comme «les feuilles» du «grand tronc» qu’est le conflit burundais, la Tanzanie devrait plus activement s’impliquer dans la résolution de ce conflit afin d’y trouver une solution efficace. Le rapatriement des réfugiés n’en sera qu’une simple et automatique conséquence. Les réfugiés burundais ne sont pas allés dans ces pays pour y faire du tourisme ou des affaires, ils ont fui les exactions d’un régime dont le moindre des soucis est le bien être des ses citoyens.