La ministre de l’éducation exclue les filles victimes de grossesses non désirées du système éducatif burundais

Partager

Les filles victimes de grossesses non désirées en milieu scolaire ne sont plus autorisées à fréquenter l’enseignement public et privé.

Dans une note circulaire envoyée à tous les directeurs provinciaux de l’enseignement, la ministre de l’éducation  et de la formation professionnelle, Janvière Ndirahisha a décidé d’interdire aux jeunes filles victimes de grossesses non désirées ainsi qu’aux garçons coupables des mêmes délits de ne plus être  admis à l’enseignement public et privé.

La mesure abroge celle qui autorisait les jeunes filles victimes de grossesses non désirées de réintégrer le système éducatif formel au terme de leur grossesse. Cette nouvelle décision donne le droit  à ces jeunes burundais de suivre uniquement l’enseignement des métiers et la formation professionnelle. Les spécialistes du droit dénoncent un retour en arrière inquiétant en matière du droit de l’enfant. Dans un contexte généralisé de violences impunies, la ministre aurait dû analyser les vrais motifs qui sont à la base de ce phénomène de grossesses en milieu scolaire et y réserver un traitement adéquat. Au moment où elle reconnaît que ces filles sont des victimes, elle n’aurait pas enfoncé le clou en prenant une telle mesure. Par ailleurs,   c’est la société, les communautés et l’autorité  publique en premier qui sont directement responsables du phénomène.

Les comportements des enfants ne sont que le reflet du modèle des grands. Le désordre, l’anarchie et l’anomie sont les principales causes à l’origine du phénomène de violences qui s’abattent sur les jeunes burundais. Endiguer un tel phénomène consiste plutôt à lutter farouchement contre la dégénérescence de l’État pour un retour à l’ordre social.