Burundi : une rentrée scolaire 2017-2018 couverte d’énormes défis (suite)

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Trois semaines après la rentrée scolaire 2017-2018, la situation dans les établissements scolaires est problématique. Le tour effectué dans différentes écoles de la Mairie et dans certaines écoles de l’intérieur du pays prouve à suffisance que cette rentrée scolaire n’a pas été préparée conséquemment. Dans certains établissements, malgré l’opération de redéploiement, les enseignants manquent, les manuels scolaires n’existent pas, les effectifs dans les classes sont pléthoriques. Les écoles dites d’excellence ne fonctionnent pas encore par manque d’enseignants malgré le concours de recrutement organisé en date du 18 août 2017, etc.

Qu’en est-il des effectifs dans les classes des 1ères années du post-fondamental ?

Certaines écoles dépassent largement la capacité d,accueil dans les classes. Atitre exemplatif,
Alors que les salles de classe ne dépassent pas la capacité d,accueil de 50 élèves, certaines classes de la section science ou celle des sciences sociales en comptent plus de 83

A cause de manque de locaux, les autorités de certaines écoles empruntent des hall d,église où les élèves suivent les cours. Par ailleurs, dans une salle de classe dépassant plus de 150 élèves, la situation devient intenable que ce soit pour les enseignants ou pour les élèves.

Au lycée municipal de Gihosha, les salles de classe de 1ère post-fondamentale comprennent une moyenne de 55 élèves par classe. C’est la même situation à l’école fondamentale de Gihosha où les élèves de la classe de 7ème sont au nombre de 99 dont 50 élèves en A et 49 en B. A cette école, la direction s’attendait à un effectif trop élevé. Elle a pris la mesure de disponibiliser alors les deux salles de classe pour prévenir la situation.

Le lycée technique de Rugombo, en province Cibitoke est débordé en première année post fondamentale. Les deux classes d’Electricité Industrielle comprennent un effectif de 137 élèves orientés dont 57 dans une salle et 80 dans une autre selon la capacité des salles de classe. Dans la section Electromécanique, on a deux classes, les effectifs sont très élevés à savoir 116 et 104 en A et en B. Dans une autre section, celle d’Informatique de Maintenance, on compte respectivement 116 et 114 en A et en B. Selon un enseignant contacté à propos, les difficultés se présentent au moment de faire les travaux pratiques en classe. Les ateliers sont très étroits et les machines peu nombreuses. Le relai dans les cours pratiques retarde ainsi les leçons.

Qu’est qui est du manuel scolaire au post-fondamental ?

Les livres de la 2nde post-fondamental n’existent pas à travers tout le pays. Seuls les guides des enseignants sont disponibles dans quelques écoles. On demande aux enseignants d’utiliser seulement les guides et laisser de côté les supports pédagogiques des élèves.
Au lycée municipal Kamenge, les livres pour les élèves sont déchirés et peu nombreux. Les mêmes lamentations se retrouvent à l’Ecole fondamentale de Gasenyi I. Le directeur de cette école indique que la dernière fourniture date de 2013. A force de les manipuler, les livres s’usent et il n’y a pas de remplacement. A cette école, 10 élèves partagent un seul livre. Le livre est mis sur le banc au milieu, les élèves de devant se retournent et ceux de derrière se mettent debout pour suivre la lecture d’un texte en classe. Le ministère de tutelle n’est pas en train de confectionner les manuels scolaires par manque de budget, selon des informations recueillies au sein du ministère.

Qu’en est-il des écoles dites d’excellence ?

Le lycée Makamba, le Lycée Ngagara, le Lycée Musinzira, le Lycée Rusengo en province Ruyigi et le lycée Musenyi en province Ngozi sont les 5 écoles d’excellence tel que décidé par le ministère de tutelle. Trois semaines après la rentrée scolaire2017-2018, c’est à dire depuis le 11 septembre 2017, ces écoles ne fonctionnent pas encore. Ces écoles demeurent dépourvues d’enseignants. Les résultats du concours pour être un enseignant dans ces écoles fait en date…. ne sont pas encore publiés. Des enseignants qui prestaient dans ces écoles n’ont pas passé le concours ont refusé de passer le concours compte tenu du statut de l’enseignant dans ces écoles. Ils regrettent le fait qu’un enseignant recruté à l’école d’excellence devrait signer un contrat de trois mois renouvelable et refusent de passer de l’état statutaire au contractuel.
Au Lycée de Makamba, tous les enseignants ont été contraints de passer le concours. Le ministère n’aurait pas encore publié la liste des enseignants retenus parce que le premier en mathématiques aurait eu 19%. Dans les autres branches également, les candidats auraient échoué lamentablement.
Au lycée de Musinzira, 13 des enseignants qui dispensaient les cours à ce grand lycée occupent les enfants de façon provisoire. Les autres enseignants sont au chômage et ne sont toujours pas affectés.
Des directeurs limogés pour avoir collecté des frais supplémentaires au montant fixé six directeurs des lycées de la Direction Provincial de l’Enseignement à Rumonge ont limogés pour avoir collecté des frais supplémentaires au minerval fixé à 7000 francs aux élèves externes et 15 mille francs aux élèves de l’internat. Il s’agit des directeurs des Lycées urbain, Birimba, Mutambara et Minago et deux de la zone Magara de la commune de Bugarama. La ministre Janvière Ndirahisha avait interdit de collecter des frais supplémentaires au minerval fixé par ordonnance n° 610/1300 du 5 septembre 2017. Malheureusement, les montants collectés n’ont pas été remis aux parents.

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