Burundi: Le Président Pierre Nkurunziza et son parti CNDD-FDD appellent au lynchage des opposants au changement de la constitution

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A quelques jours du référendum constitutionnel du 17 mai 2018, les Burundais qui combattent contre la destruction des fondements de la paix, de la démocratie consensuelle et de la réconciliation nationale vivent la peur au ventre parce qu’ils ne savent pas ce que deviendra le pays après cette date.

Ils sont constamment harcelés, arrêtés, torturés, tués par les sbires du régime de Pierre Nkurunziza et du parti au pouvoir, qui ont concocté un plan d’élimination collective. Le régime promet d’envoyer tous les opposants au changement de la constitution de les envoyer au fond des rivières et du lac Tanganyika où ils serviront de nourriture aux poissons.
Une fois les opposants et/ ou présumés opposants renvoyés dans le lac, ceux qui ne se seront pas mangés par les poissons n’auront plus le droit d’être secourus et de continuer à vivre dans leur pays, le mieux qu’on leur offrira sera de les exiler au Congo et dans d’autres pays bordant le lac Tanganyika, via des pirogues déjà confectionnées par les militants du parti CNDD-FDD.
Ces mêmes mots apocalyptiques sont adressés aux membres du parti au pouvoir, notamment lors des rassemblements de mobilisation pour voter en faveur du projet de constitution. Nzopfabarushe Melchiade, cadre du parti CNDD-FDD, l’actuel administrateur de la commune Gashoho en province Muyinga, le gouverneur de la province Makamba, Gad Niyukuri, des chefs Imbonerakure et d’autres membres du parti CNDD-FDD, ont notamment compris le mot d’ordre du Président Pierre Nkurunziza, lancé le 12 décembre 2017 en commune Bugendana lors du lancement officiel de la période référendaire. Il a dit sans ambages que celui qui osera s’opposer
au nouveau projet de constitution aura dépassé la ligne rouge. Il l’a répété, à qui veut l’entendre en province Cibitoke : celui qui osera résister au changement de la constitution, aux idéaux du CNDD-FDD et à la politique de son régime aura signé sa mort, et qu’il n’y aura d’autre choix que de «l’expédier au ciel» où il se rencontrera avec ceux qu’il aura laissé au Burundi.
La récente condamnation de Nzopfabarushe Melchiade à une peine de servitude pénale de trois ans est perçue comme une fuite en avant, une histoire de sacrifice et de bouc-émissaire pour avoir eu le malheur de dévoiler le secret (qui n’est plus que de polichinelle) visant à éliminer tous ceux qui tenteront de s’opposer au projet porté par le parti au pouvoir, un projet visant à détruire la nation burundaise. Le Président Pierre Nkurunziza et son parti ont en plus été gênés par l’utilisation de l’expression « badutumye » pour dire « le parti nous a mandaté…ou nous avons
le message de notre parti.. ».

D’après des sources proches du parti, le mandataire aurait bien fait de s’approprier le message du parti. Néanmoins, nous constatons avec amertume que le crime grave commis et la condamnation judiciaire de trois ans ne sont pas proportionnels au moment où le défenseur des droits de l’homme, Germain Rukuki, a été condamné à 32 ans de servitude pénale.

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