Burundi : Une période d’enrôlement lourde de conséquences sur les droits et libertés des citoyens

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La période de dix jours octroyée par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) d’enrôlement au référendum constitutionnel de mai prochain et aux élections de 2020 a été lourde de conséquences pour la plupart de la population Burundaise.

Des imbonerakure ont sillonné les villes et les campagnes. Ils ont brillé dans des actes de déstabilisation et de violations des droits et libertés individuels et collectifs. En complicité avec l’autorité publique, ils ont barricadé des  routes, fermé des marchés, des structures de soins de santé, des écoles, chassé des cultivateurs dans les champs pour les contraindre à se faire enrôler.

En date du 16 février 2018, des jeunes du parti au pouvoir de la colline Kigamba, commune et province Ruyigi avaient monté une barrière, qui menait dans la ville de Ruyigi. Quiconque n’avait pas sur soi son récépissé d’enrôlement électoral ne pouvait pas accéder à la ville. Les victimes étaient des ouvriers de tout genre qui se rendaient en ville comme d’habitude. Les victimes ont été obligées de rebrousser chemin, certains pour se faire enrôler, d’autres pour se munir des récépissés d’enrôlement dont la présentation était obligatoire pour franchir la barrière. Les plus courageux sont arrivés en ville à partir de 9heure et n’ont été reçu nulle part au travail de ce jour, suite à ce retard.

En date du 15 février 2018, différentes activités ont été paralysées en zone Biyogwa de la commune Butaganzwa, suite à l’action des jeunes du parti au pouvoir. A l’ECOFO Kigarama 1 par exemple, un groupe de cinq imbonerakure se sont introduit dans les salles de classe et ont exigé aux enseignants de leur présenter les récépissés d’enrôlement faute de quoi personne ne pouvait poursuivre les enseignements. Le directeur de cette école Félix Bangirinama, vice-président des jeunes du parti CNDD-FDD en commune Butaganzwa n’a rien dit alors qu’il était sur place et tous les enseignants, effrayés, sont rentrés.

Le directeur reconnaît les faits mais explique que cela a été fait par le comité mixte de sécurité Collinaire. Mais le chef de la colline Nyarubabi sur laquelle se trouve cette école, confirme que des imbonerakure  l’ont fait sur  ordre de leur chef, Maurice Ndagijimana, infirmier au CDS Kigarama.

Les mêmes scènes se sont observées partout dans le pays. Les citoyens ont été pourchassés du plus âgé aux mineurs qui n’ont pas été épargnés par l’enrôlement forcé.