Burundi: Une évolution violente vers un monopartisme déguisé, une monarchie de droit divin et la suprématie du roi qui enrichit et/ou spolie ses sujets

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La situation socio-politique qui prévaut au Burundi fait penser à une évolution vers un monopartisme caractéristique d’une autre ère et une monarchie de droit divin. Le parti au pouvoir CNDD-FDD, aujourd’hui plus que jamais, est déterminé à casser tout acteur politique visible sur le terrain et susceptible de le concurrencer aux prochaines échéances électorales, truquées à l’avance.

Entre temps le régime de Pierre Nkurunziza s’active à minutieusement préparer le retour à la monarchie de droit divin. Des signes annonciateurs sont déjà une réalité dans le pays. Il a changé la devise nationale au profit de celle de la royauté d’avant la première République, en violation fragrante de la constitution qui stipule que la devise reste inchangée. Le Président Pierre Nkurunziza a aussi interdit de battre le tambour à qui que ce soit parce que ce dernier était réservé au seul roi du temps de la monarchie.

Tout cela se déroule dans un contexte socio-politique et économique de violences inouïes notamment d’assassinats, d’intolérance politique qui dépasse les limites de l’acceptable. Des opposants politiques déclarés et présumés constituent la cible d’intimidations et d’injustices de toutes sortes, de tortures, d’arrestations et d’emprisonnements arbitraires et de spoliations de terres et autres biens.

Des citoyens sont arrêtés et détenus victimes simplement d’avoir loué des maisons à des partis politiques pourtant agrées par l’Etat. Des femmes sont intimidées et arrêtées à la place de leurs maris que le pouvoir présume avoir rejoint les rébellions, au moment où même la femme du Président Pierre Nkurunziza n’avait pas été inquiétée lorsque son mari était à la rébellion dans les années 1995 à 2003. Des permanences, signes et insignes des partis politiques de l’opposition sont vandalisés et détruits sans que le pouvoir n’en dise un mot.

Les choses se sont renversées au Burundi. Le bourreau est devenu victime tandis que la victime est bourreau. Ce sont désormais les victimes des violences qui sont visées par la justice du régime de Pierre Nkurunziza et qui sont appelés à demander pardon au moment où les bourreaux sont les plus écoutées par le système qui les dorlote et les récompense. Ceux qui dénoncent les crimes sont plutôt les criminels à abattre. Les voleurs des deniers publics reçoivent plutôt des promotions.

Les hommes intègres n’ont plus de place au soleil. Le mal semble avoir pris le dessus sur le bien. La population est divisée en deux parties, celle à qui appartient le pays, et une autre qui n’a aucun droit. Concernant les contributions forcées ou rançonnements, en plus des retenues mensuelles à la source sur les salaires des fonctionnaires de l’Etat, des contributions obligatoires et forcées de 2 000FBU par ménage pour les élections de 2020, une contribution obligatoire et forcée de 1000FBU par enfant en âge de voter, les fonctionnaires de l’Etat et la population ajoutent d’autres contributions forcées ponctuelles notamment pour la construction des stades, les frais d’ambulance, la construction des écoles, l’adduction d’eau, l’achat des drapeaux et autres insignes du parti au pouvoir, les croisades de prières du parti au pouvoir, la construction des permanences et autres bâtiments publics.
Il y a aussi d’autres contributions demandées en faveur de la solidarité nationale surtout pour la population de Kirundo en famine, tel que l’argent, les vivres frais et les habits.

Entre temps, l’activité économique tourne au ralenti suite aux pénuries récurrentes de carburant et de devises. Des enfants abandonnent l’école suite aux violences sexuelles impunies commises par des enseignants Imbonerakure et d’autres particuliers qui profitent de l’état de pauvreté des familles, sans que l’Etat en fasse une préoccupation.
Dans le secteur de la santé le pays va d’épidémies en épidémies.

Les statistiques des morts s’accroissent. Tantôt c’est le choléra, tantôt c’est le paludisme et les pouvoirs publics font tout pour en cacher la vérité. L’OMS n’avait cessé de déclarer qu’il y avait depuis le début de l’année 2019, une recrudescence d’allure épidémique du paludisme dans le pays, mais l’Etat s’est refusé de déclarer l’épidémie alors que les statistiques des victimes sont alarmantes.
Malgré la situation épidémique du paludisme, une gestion calamiteuse des structures de soins caractérise les militants du parti au pouvoir qui sont nommés comme des responsables de ces structures sans en avoir l’éthique et les compétences requises.

Le rapport de FORSC du mois de mai évoque d’autres faits de mauvaise gouvernance dans le pays qui illustrent l’anéantissent progressif et certain d’un Etat de droits au profit de la loi de la jungle où le plus fort mange le plus faible.

Télécharger le rapport ici