BURUNDI : Persécutions financières à l’encontre du personnel enseignant

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Malgré les retraits à la source  minutieusement exécutés par le Ministère de la fonction publique sur les salaires des fonctionnaires en général et des enseignants en particulier, les exigences de contributions financières sur le reste des salaires touchés au mois de janvier 2018 continuent dans le pays. Dans toutes les provinces du pays, tous les enseignants sont contraints de contribuer encore et encore aux élections.

Voici quelques cas qui illustrant cette persécution financière opérée sur les enseignants du Burundi :

En province Ruyigi, le directeur provincial de l’enseignement a exigé une contribution variant entre 2000 Fbu et plus pour les enseignants du primaire et de 5000FBU et plus pour les enseignants ayant un niveau universitaire. La somme collectée et la liste de ceux qui auront payé devrait être acheminés à la direction provinciale de l’enseignement à Ruyigi avant le 15 février 2018. Le reportage des indignations des enseignants faites par  le journaliste correspondant de la radio Isanganiro Jean Claude Nshimirimana, lui aussi enseignant au petit séminaire,  lui a valu la foudre du gouverneur de la province qui  lui a interdit d’exercer toute prestation  dans toute la province.

En province Muyinga, les enseignants du chef-lieu de la province ont  été sommés de payer sans exception une somme  de 6500 Fbu destinée à  la construction d’un stade moderne et un montant de 2000Fbu à 5000Frs pour les enseignants du primaire. Ceux du secondaire ayant le niveau d’étude universitaire interpellés à donner plus que les autres en plus bien sûr de la somme retenue à la source à la fonction publique.

En Mairie de Bujumbura, l’ordre a été donné comme ailleurs de donner une contribution de 2000Fbu et plus pour les enseignants du primaire et 5000Fbu et plus pour ceux qui ont un diplôme universitaire. Mais les directeurs n’ont pas agi de la même façon, il y en qui ont supposé que la contribution est volontaire tandis que d’autres ont convoqué une réunion pédagogique pour annoncer qu’il s’agit d’une décision « d’en haut » et que donc tout le monde était obligé de payer. Au Lycée de la dignité Ngagara situé au quartier II, le directeur a déclaré lors de la réunion pédagogique organisée le 7 janvier 2018 aux enseignants : « vous devez payer c’est tout, c’est une information et ne posez même pas de question ! »

Une identification complète du personnel qui contribue est faite avec beaucoup de minutie partout dans les écoles.

En date du 9 février 2018, Cyprien Kubwayezu, directeur de l’Ecole fondamentale  Gakome en commune Musongati, province Rutana a dressé une liste de 6 enseignants qui avaient exprimé leur incapacité de donner ces contributions. Il l’a  ensuite affichée à l’école et  publiée sur les réseaux sociaux. Les victimes sont dans un état de panique et craignent d’être la cible des violences des Imbonerakure de leur entourage.

Selon des sources du parti CNDD-FDD, cette attitude de l’autorité n’est pas un simple hasard, le parti veut provoquer pour mieux identifier  et repérer ses opposants. En outre le pays est dans l’incapacité de continuer à financer les salaires des fonctionnaires, il faut les donner d’une main et les récupérer malignement d’un autre bras pour les redonner par après.