Burundi: Les violences politiques se poursuivent et s’aggravent à la veille des elections

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Malgré les cris d’alarme et d’appels à l’apaisement suite aux multiples actes de violences et intolerance politiques commis par les militants du parti au pouvoir en complicité avec des administratifs locaux et des policiers, la situation sur le terrain politique se degrade du jour au lendemain.

Dans la nuit du 22 septembre 2019, le nommé Ntaconimariye Jérémie, membre du CNL, originaire de la colline Gishikanwa en commune Gihogazi, province Karusi a été tabassé à mort par des Imbonerakure de sa colline qui l’accusaient d’avoir refusé d’adherer au CNDD-FDD au pouvoir. Le lendemain, la victime a rendu l’âme et l’administration a vite exigé son enterrement.
En province Rumonge, les Imbonerakure en complicité avec le chef de zone Minago Elie Rusoya ont arrêté dans la matinée du lundi 23 septembre 2019 le représentant du CNL en zone Minago du nom de Ndikuriyo Boniface, l’accusant d’avoir organisé la veille des activités à la permanance de son parti dans cette même zone. Des sources sur place nous ont indiqué que l’administration communale et le parti au pouvoir avaient été frustré de voir des militants du CNL présents á cette permanence alors que cette dernière avait été détruite et qu’ils tentaient de la reconstruire.

En province Kayanza, les burundais ont été sidérés et fortement affectés par la reprise des messages qui appellent aux violences sexuelles contre les opposants politiques en date du 21 septembre 2019 en commune Kabarore. Des Imbonerakure en sport de masse ont repris le slogan « Tera inda abakeba bavyare imbonerakure » c’est à dire « Engrossez les femmes et filles des opposants politiques pour enfanter des enfants Imbonerakure ». Lors de cette démonstration sportive, les Imbonerakure ont précisé que les femmes des opposants Alexis Sinduhije président du parti MSD et Agathon Rwasa du CNL étaient particulièrement visées.

Le Burundi est au bord du gouffre depuis 2015. Les signaux d’un génocide planent sur le pays si l’ONU et l’UA continuent à observer ce qui s’y passe sans envisager des actions musclées pour y faire face.