Burundi : L’administrateur de la commune Ruhororo refuse à une famille de six personnes rapatriées de regagner son foyer au camp de déplacés ou elle vivait avant l’exil

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La famille du rapatrié Melchiade se trouve en difficultés après son rapatriement la semaine dernière en provenance du Kenya où elle s’était exilée au début de la crise sociopolitique liée au troisième mandat de Pierre Nkurunziza en 2015.

Au moment où la famille avait pris le soin de rétablir la maison familiale se trouvant au camp de déplacés de Ruhororo en province Ngozi, l’administrateur Mamerte Birukundi lui refuse de regagner le domicile estimant que cette famille ne peut revenir d’exil et retourner dans un camp de déplacés. Elle exige ainsi a cette famille de retourner plutôt sur sa colline natale qu’elle avait fuie en 1993 après la mort du président Melchior Ndadaye qui avait été suivie des massacres interethniques d’une forte ampleur nationale.

Des témoignages sur place nous affirment que la mesure de l’administrateur communal Mamerthe Birukundi a été prise après une réunion avec ses conseillers, l’un chargé du développement et l’autre du social et qu’il y avait aussi la présence à la réunion du président communal du parti CNDD-FDD connu sous le nom de Jean Paul Manirakiza. Après une séance de discussion, l’administrateur a décidé que cette famille doit retourner à sa colline natale au lieu de réintégrer sa famille élargie toujours campée dans le site de déplacés de Ruhororo.

D’après les conclusions de la réunion, si cette famille quitte un camp de réfugiés vers un site de déplacés internes, cela ternirait l’image du pays alors que celui-ci est aujourd’hui en paix et sécurité totales. Ainsi, depuis plus d’une semaine, la famille mène une vie misérable d’errance car privée de liberté de vivre en tranquillité où elle veut vivre sur le territoire national. Elle n’a pas pas de logement et est interdite d’entrer dans la maison qu’elle venait pourtant de rétablir.