BURUNDI : La Mutuelle de la Fonction Publique n’assure et ne rassure plus ses abonnés

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Le manque et la flambée des prix des médicaments, le désengagement de la Mutuelle de la Fonction Publique pour assurer ses affiliés, telles sont les inquiétudes des patients rencontrés  dans quelques hôpitaux de la capitale Bujumbura et à l’intérieur du pays.

Les prix  des médicaments couramment sollicités par les patients ont beaucoup augmenté. Une boîte de  quinine de 21 comprimés coûte 3820F alors que le même produit coûtait,  il y a peu, pour un affilié de la Mutuelle de la Fonction Publique,  800 Frbu. Un des employés d’une pharmacie contacté affirme que les pharmacies privées ont refusé de servir les abonnés de la mutuelle car le paiement de la MFP n’est pas adapté aux nouveaux prix des médicaments. Cette institution a gardé les anciens tarifs appliqués les années passées. Elle n’a pas fait la révision à la hausse pour ajuster ses tarifs. Elle s’est ainsi volontairement désengagée sans informer ses affiliés, selon un employé de cette mutualité. Les patients sont obligés de payer eux-mêmes la part que la Mutuelle devait payer, part équivalant à  20 ou 30%, et payer aussi les suppléments imposés.

Selon des  pharmaciens interrogés,  le manque de devises pour importer les médicaments est à la base de l’insuffisance des produits à côté du fait que les prix des médicaments en Europe ont augmenté. Le Ministère de la santé publique a laissé les privés  fixer les prix des médicaments et cela occasionne le désordre dans ce secteur, selon un employé de ce Ministère. Entre temps des informations recueillies dans certains hôpitaux indiquent que le paludisme continue à être la cause principale de la mort de patients.  Les enfants de moins de 5ans, les femmes enceintes et allaitantes sont les plus menacées par le fléau. Les gardes malades sillonnent les pharmacies pour acheter des médicaments contre la malaria, ne pouvant facilement les trouver dans  certains hôpitaux qui en manquent cruellement. Rappelons que la Carte d’Assurance Maladie n’a pas permis l’accès facile aux médicaments indispensables aux nombreux patients qui se confient aux différents structures de soin.