Burundi : Des membres de la milice Imbonerakure désormais incontrôlables bafouent l’organisation hiérarchique de la société

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La crise politique déclenchée depuis 2015 par le troisième mandat illégal et inconstitutionnel du Président Pierre Nkurunziza a eu comme conséquence l’anomie sociale et a plongé le pays dans des divisions et des discriminations socio-politiques dangereusement destructrices de la société. Le régime de Pierre Nkurunziza essaie de simuler la protection d’une partie de la population et d’en discriminer une autre qu’il méprise, dédaigne et rejette comme des déchets humains à enlever.

Ainsi, le régime place au-dessus de la loi la jeunesse réunie au sein de la ligue affiliée au parti CNDD-FDD au pouvoir, qui bafoue et se moque en conséquence de l’organisation hiérarchique de la société. Cette jeunesse qui tue et torture les présumés opposants et les opposants déclarés, ne respecte plus rien et fait la loi partout.

Quelques faits récents ont été documentés :

Le nommé  Irutingabo Boris, membre de la milice Imbonerakure et élève de la première année Informatique d’opérateur à l’ETS Cankuzo, en province Cankuzo a failli se battre avec son directeur quand ce dernier avait tenté de le punir, c’était au début de ce mois de mai 2018. Ainsi, le corps professoral, déçu par le comportement de cet élève, a siégé et a décidé de le renvoyer. L’élève s’est, par après, confié au DPE (Directeur Provincial de l’Enseignement) le nommé Tangira Léonidas qui fut lui-même chef provincial des imbonerakure.  Sous pression de son parti, le DPE a fini par céder et de retourner par force l’élève violant ainsi  la décision des décideurs au niveau de l’école. Le directeur de l’école n’a pas  digéré cette ingérence du DPE et a refusé catégoriquement d’accueillir l’élève.

Malgré ce refus, DPE a persisté dans son erreur et a, lui-même, affecté l’élève, pendant les stages, à la Mutuelle de la Fonction Publique (MFP) en province Gitega où il poursuit son stage jusqu’à cette date. Il reste à savoir qui va quotter cet élève en dehors de ses éducateurs et où va t’il apporter les résultats. Le directeur de l’ETS Cankuzo Anselme  Barandya a écrit une lettre au Ministre en charge de l’éducation lui demandant d’intervenir avant le chaos mais n’a pas eu de suite rapide.

Un autre cas similaire est observé à l’hôpital Kinyinya, province Ruyigi. Un imbonerakure du nom de Wilson  Ndikumana alias Songa qui travaille à cet hôpital comme infirmier a battu le médecin directeur pour la simple raison qu’il lui demandait pourquoi il était en retard en date du 07 mai 2018.

Un autre cas est celui du préfet des études du lycée municipal  Cibitoke, en Mairie de Bujumbura. Ce membre très influent du parti de Pierre Nkurunziza en désaccord avec son directeur refuse systématiquement les ordres de son directeur qui est dans l’incapacité de le sanctionner. Il a refusé notamment de se présenter dans une réunion pédagogique étant devant la salle de réunion et d’établir les horaire des cours pourtant dans ses attributions.

Les jeunes de la milice imbonerakure dans les différents secteurs étatiques et paraétatique auraient reçu le libre choix d’exécuter ou non les ordres de leurs chefs hiérarchiques surtout d’origine sociale tutsi ou d’origine sociale Hutu non membre de du parti au pouvoir dans le but d’entrainer des destitutions programmées prochaines, selon des sources de certains de ces mêmes jeunes imbonerakure.

Nos sources nous signalent  de fortes divisions au sein du CNDD-FDD qui nous rappellent celles qui prévalent en province Muramvya qui vient de passer plus de six mois sans gouverneur. Pierre Nkurunziza, s’étant abstenu de se ranger d’un côté, a préféré laisser pourrir la situation pour garder son emprise sur les deux groupes. Ce fléau de divisions politiques affecte d’autres couches de la population mais le Président de la République s’en moque éperdument.